Yom Yeroushalayim

15 mai 2026 - 10:15 - 113 vues

Rabbin David TOUBOUL

Bonjour à tous,

Aujourd’hui est un jour particulier dans le calendrier juif. Le 28 du mois de Iyar, il y a 59 ans, au troisième jour de la guerre des six jours en 1967, la vieille ville de Jérusalem, était conquise par l’armée du jeune état d’Israël. 

Cet événement constitua une déflagration dans l’ensemble du monde juif – et non-juif, et ses répercussions se font ressentir jusqu’à aujourd’hui.

Sur le plan religieux bien sûr. Mais pas que. Aux niveaux politiques, diplomatiques, militaires, économiques, psychologiques, sociologiques et démographiques, dans le domaine de la géographie et de l’urbanisme, dans l’archéologie et la compréhension du passé, tellement de choses ont changé, et nous devons tellement à cette victoire militaire qu’il nous est difficile d’imaginer le monde d’aujourd’hui si elle n’avait pas eu lieu.

Vous le savez, je n’hésite pas à critiquer sur cette antenne les décisions ou non-décisions des rabbins et institutions juives. Mais cela rend d’autant plus sincère les éloges de ma part. Je tiens donc à dire que la réaction du rabbinat israélien dès le mois de juin 1967 fut rapide et à la hauteur, et aboutit à la fixation de ce jour de fête dans le calendrier juif dès l’année suivante, le 28 Iyar de l’année 1968.

Chers auditeurs, je vous laisse juges de ce qu’est devenu Yom Yérouchalaïm aujourd’hui, 59 ans après la bataille. Vous avez peut-être vu quelques images du mits’ad hadegalim, le défilé des drapeaux dans la vieille ville de Jérusalem, dans lequel une jeunesse fanatisée et surexcitée, influencée et manipulée par une bande de rabbins politisés et irresponsables, considère qu’il est convenable et souhaitable, religieusement et pour l’image du peuple juif, de défiler en hurlant des slogans souhaitant la mort des arabes et l’incendie de leurs maisons. De provoquer, lancer des objets et cracher sur des civils qui ne leur ont rien fait à part habiter chez eux et vaquer à leurs occupations…

Ce qu’est devenue cette fête, je crois que beaucoup de Juifs et d’Israéliens en ont aujourd’hui honte, et sont en colère car cela ne représente ni Israël ni la cohabitation pacifique des habitants de Jérusalem où se mélangent, vivent et travaillent ensemble Juifs, Chrétiens et Musulmans, religieux et laïcs, et contribuent au rayonnement, à l’économie et à la modernité de cette ville.

A Maayane Or, nous avons décidé cette année de fêter Jérusalem réunifiée. Mais de la fêter à notre manière. Puisque nous avons la chance d’avoir encore des témoins directs de l’événement, qui y ont participé activement, nous en avons invité un.

Guil Nativ, avant de devenir rabbin massorti en Israël, avait une vingtaine d’années en 1967. Comme tous les Israéliens de son âge, il avait servi dans l’armée. Il était soldat parachutiste. Il avait commencé ses études à l’université, avant d’être brutalement rappelé en tant que réserviste. Alors que son unité se préparait à être parachutée dans le Sinaï, les ordres ont changé et ils furent déplacé à Jérusalem.

Je n’en dis pas plus. Je le laisserai nous raconter sa guerre et sa bataille.

Ce soir, à 18h30, à Maayane Or la synagogue Massorti de Nice.

Avant l’office de chabbat, pour qu’il puisse nous montrer sur grand écran les photos prise avec son unité avant, pendant et après les combats.

Nous aurons ensuite la chance de l’avoir avec nous pour tout le chabbat, et même dimanche matin pour l’office de Roch Hodech, qui sera suivi d’un atelier de danses folkloriques israéliennes animé par son épouse Ziva. Pour l’atelier, les inscriptions sont encore possibles via HelloAsso. Pour ce soir, il vous suffit de venir l’écouter, je répète à 18h30 à la synagogue.

Il est fondamental de se rappeler qu’avant toute instrumentalisation politique ou médiatique, la bataille fut d’abord l’affaire de jeunes hommes jetés dans des combats féroces. Privés de sommeil, eau et nourriture rationnés, au milieu de la fumée, de la chaleur, des explosions et des tirs, courant avec le poids du matériel sur le dos, en sueur, parfois en sang, avec des camarades qui tombent autour d’eux… ils ont fait l’Histoire. Et nous leur devons tant.

Venez donc leur rendre hommage.

Bonne fête de Jérusalem, Yom Yérouchalaïm saméah, et chabbat chalom !